Rester positif dans un climat volatil

Au cours des dernières semaines, le sentiment des investisseurs a montré des signes d’amélioration sur les mois précédents, la hausse étroite s’étant étendue à un univers de risque plus large. Toutefois, le ton sombre du président Powell lors de la conférence de presse du FOMC la semaine dernière et les nouveaux cas de coronavirus ont donné à réfléchir. Il a validé les craintes de certains investisseurs relatives à une deuxième vague du virus, à un retour des mesures de confinement et à une reprise économique prolongée ou en forme de W. Bien que les faits aient démontré l’impact volatil et pernicieux du virus sur l’économie mondiale, nous pensons que ces craintes restent exagérées. Le soutien politique reste fort, les données économiques montrent des signes clairs d’amélioration et l’augmentation des nouveaux cas n’est pas encore suffisante pour déclencher un retour au confinement que nous avons connu en mars et avril. Nous restons donc positifs sur les actifs à risque, mais nous continuons à maintenir des couvertures principalement via des structures optionnelles.




Sober

Childish Gambino, 2014





Et Maintenant ?

Les marchés font une pause après le FOMC 

Après près de trois mois de bonnes performances, ramenant les marchés presque à leurs sommets d’avant la crise (voire au-dessus, comme dans le cas du Nasdaq 100), une correction significative a eu lieu la semaine dernière. L’indice MSCI All Country World a terminé la semaine en baisse de 4,1 %, le S&P 500 en baisse de 4,7 %, l’Euro Stoxx 50 en baisse de 6,8 % et l’indice MSCI Emerging Markets en baisse de 1,5 %. L’indice VIX a terminé la semaine à 36, contre 25 la semaine précédente, les spreads de la dette high-yield des entreprises nord-américaines ont augmenté de près de 75 points de base, tandis que le sous-indice Bloomberg Energy a baissé de 6 %. Les obligations ont un peu aidé en terminant la semaine en légère hausse, l’indice Barclays Global Aggregate ayant augmenté de 70 points de base. L’or a offert une meilleure protection, avec une hausse de plus de 3 % par rapport au dollar américain, tandis que le franc suisse a augmenté de 1,7 % par rapport à l’euro.

Les mouvements du marché semblent avoir été influencés par des facteurs fondamentaux, d’abord par la réunion et la conférence de presse du FOMC, puis par les dernières données sur les nouveaux cas de coronavirus. En effet, lors de la publication de la déclaration de la Fed mercredi, le S&P 500 a fait un bond de 1 %, les investisseurs saluant la poursuite de la politique accommodante et la volonté de la FED de maintenir le rythme des achats d’actifs sur les prochains mois. Toutefois, lors de sa conférence de presse, le président Powell a souligné les défis à venir, notant que si le rapport sur l’emploi de mai était une « bonne surprise », la reprise prendra du temps pour pallier le déplacement de plus de 20 millions de personnes. Sans surprise, le S&P 500 a cédé tous ses gains lors de la conférence de presse.

Les murmures d’une deuxième vague

La semaine dernière, on a également constaté une augmentation du nombre de nouveaux cas de coronavirus, en particulier dans les pays qui sortaient du confinement. Aux États-Unis, le nombre total de cas confirmés dépasse désormais les 2 millions et on prévoit une deuxième vague d’infections. Les États qui avaient connu un nombre relativement faible de cas, par exemple l’Arizona et le Texas, montrent des signes d’accélération de la contagion. Il convient de situer ces chiffres dans leur contexte :

  • L’augmentation des nouveaux cas est limitée, certaines zones sensibles comme New York et le New Jersey affichant des taux stables, tandis que la Floride et le Texas voient les nouveaux cas augmenter à un taux relativement faible de 3 % (en prenant une moyenne mobile de 7 jours). L’Arizona est peut-être un peu plus inquiétant, avec une croissance des nouveaux cas d’environ 6 %.
  • Alors que le nombre de cas confirmés continue d’augmenter, il est important de noter que les États-Unis multiplient encore les tests. En effet, le rapport entre les cas confirmés et les personnes testées est en baisse, ce qui suggère que le nombre plus important de cas confirmés ne signifie pas forcément un échec des mesures de distanciation sociale ou de la réouverture économique, mais simplement que le nombre de personnes testées augmente.
  • Les décideurs politiques ont manifesté leur volonté de rouvrir et de soutenir leurs économies, et ils appliqueront sans doute une approche préventive pour ralentir une potentielle flambée du virus, en utilisant des mesures moins draconiennes (par exemple, des masques obligatoires en public) plutôt que des mesures de confinement à l’échelle des États.

Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises

Malgré le ton pessimiste de M. Powell, il a également précisé que la Fed est prête à continuer à soutenir l’économie en utilisant tous les outils à sa disposition, ainsi qu’à en explorer de nouveaux. La BCE a également confirmé sa position accommodante la semaine précédente, faisant en sorte que le crédit continue à circuler dans deux des plus grandes économies du monde. Dans le même temps, les données macroéconomiques ont continué à s’améliorer : notre Global Growth Nowcaster, bien que toujours déprimé, a progressé et son indice de diffusion indique désormais une amélioration de la majorité des données. Le rapport sur l’emploi aux États-Unis de la semaine dernière a fait état d’un nombre moins élevé de demandes initiales et continues que la semaine précédente, suggérant que le marché du travail américain commence à se rétablir. Vendredi, l’enquête de l’université du Michigan sur le sentiment des consommateurs a également atteint 78,9 contre 72,3 le mois dernier (dépassant les estimations de 75). Fait important, les enquêtes sur les conditions actuelles et les anticipations ont progressé au cours du mois et ont dépassé le consensus.

Rester positif tout en reconnaissant les risques

Nous restons positifs sur les actifs de croissance pour les raisons que nous avons récemment communiquées : nous voyons les premiers stades d’une amélioration de la macroéconomie, soutenue par des banques centrales prêtes à faire « tout ce qu’il faut » et une épidémie qui semble avoir infligé le pire pour les grandes économies du monde. Le sentiment baissier des investisseurs laisse entrevoir une marge de progression supplémentaire, tandis que les valorisations ne semblent pas si élevées dans le contexte d’une reprise rapide, ou par rapport aux rendements obligataires. Ce point de vue constructif sur la reprise préconise de privilégier les actifs liés à la croissance, de réduire les expositions à court terme aux actifs réels et de diminuer les actifs défensifs tels que les obligations d’État.

Ce point de vue positif serait remis en question par une véritable deuxième vague d’infections virales, surtout si elles épuisent les capacités des hôpitaux au point de déclencher à nouveau les confinements. Même sans cela, la réticence des entreprises ou des ménages à dépenser pourrait encore nuire à l’économie. Dans un tel scénario, la reprise serait beaucoup plus graduelle et, de ce fait, rendrait les valorisations des actions plus contestables, car il faudrait quelques années pour que les ventes et les bénéfices retrouvent leurs sommets.

Il faut aussi garder à l’esprit la baisse dans les des sondages du président américain Trump, car les manifestations qui ont suivi l’assassinat de George Floyd se poursuivent à travers le pays avec le soutien de près de 75% des Américains, selon un récent sondage du Washington Post. La réaction de M. Trump a aussi été mal accueillie, puisque 37 % seulement des Américains estiment qu’il a livré le bon message suite aux protestations. Le marché des paris en ligne PredictIt prévoit désormais le contrôle par les démocrates de la présidence, du Sénat et de la Chambre des représentants après l’élection de novembre. Dans un tel scénario, une abrogation de la réduction de l’impôt sur les sociétés serait probable, ce qui serait une menace directe pour les actions américaines. Bien que nous ne pensions pas que ce risque se concrétise à court terme, nous le surveillons de près car il aurait un impact direct sur les bénéfices des entreprises.

Ainsi, nous complétons notre point de vue positif sur les actifs liés à la croissance par des couvertures, principalement par des options qui visent à fournir une protection contre la baisse et à ajouter de la convexité à notre profil de rendement.

Unigestion Nowcasting

Nowcaster de croissance mondiale

Nowcaster de croissance mondiale

Nowcaster d’inflation mondiale

Nowcaster d’inflation mondiale

Nowcaster de tensions sur le marché

Nowcaster de tensions sur le marché

Changements hebdomadaires

  • Notre Nowcaster de croissance mondiale a augmenté la semaine dernière, notamment en raison des signes d’amélioration croissants aux États-Unis.
  • Notre Nowcaster d’inflation mondiale a également augmenté, grâce aux données américaines.
  • Les tensions sur les marchés ont fait un bond, suite à l’élargissement des spreads de crédit et à l’augmentation de la volatilité.

Sources: Unigestion. Bloomberg, au 15 juin 2020

 


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